De tous les logos ou emblèmes, celui de Superman s’impose sans conteste comme l’un des plus évocateurs. Symbole d’invincibilité et de puissance, son impact est allé bien au-delà du personnage pour devenir une sorte de marque indépendante : on peut ne pas aimer spécialement Superman, mais on adore le logo. Histoire d’un blason devenu mythe.
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Bien qu’il fût créé en 1934 (cf. encadré), c’est dans les pages de la revue Action Comics #1, daté de 1938, que Jerry Siegel et Joe Shuster lancent officiellement leur Superman. Pour l’occasion, il porte un costume sensiblement différent du costume que nous connaissons, tandis qu’il arbore un emblème étonnant, le S rouge très lisible étant imbriqué dans un insigne de police jaune placé au centre du torse. La forme, voulue par Shuster, doit montrer l’implication du héros auprès des forces de l’ordre qu’il n’est pas question de ridiculiser ou de réduire au rang de simple témoin. Sa signification est celle du S de Superman.
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New Action Hero
Pourtant dès le numéro 7 d’Action Comics (1938), le logo est modifié dans l’idée de détacher Superman d’une approche trop humaine, et lui conférer un statut plus héroïque. Si la typographie du S est conservée, la forme du logo abandonne le badge de police au profit d’un triangle qui reste jaune avec une bande rouge qui en fait le tour. Cette dernière n’apparait pas systématiquement, le triangle étant alors entièrement jaune. Quelques mois plus tard, une nouvelle version voit le jour. Le triangle jaune est toujours de mise, mais le S est beaucoup plus stylisé et rejoint en plusieurs points la large bande rouge qui encadre le tout. Ce logo sera repris par Alex Ross lorsqu’il se chargera de mettre en scène Superman (Peace on Earth, Justice League).
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En 1941, le protecteur de Metropolis s’exporte au-delà des limites du comics pour devenir un héros de dessin animé sous la houlette de Max et Dave Fleischer. A cette occasion, le logo est totalement remodelé. Délaissant l’aspect triangulaire jugé trop stricte, Fleisher Studios adopte une forme pentagonale et augmente considérablement la taille de l’emblème qui occupe la majorité du poitrail. Le S rouge profite d’une typo très large sur un fond désormais noir, permettant une lecture plus immédiate de la lettre. Néanmoins le jaune historique est conservé via une fine bande faisant le tour du pentagone. Ce choix est expliqué en partie par des raisons techniques, le noir et la taille excessive faisant mieux ressortir l’emblème qui était plus facilement reconnaissable.
Cette version du logo et le design général de la série eurent une influence déterminante pour de nombreux artistes dont Alex Ross, Hayao Miyazaki (Princess Mononoke), Osamu Tezuka (Astro Boy), ou encore les séries animées des années 90 consacrées à Batman et Superman. Idem pour la série Lois & Clark (1993) dans laquelle l’emblème est là-aussi exagérément grand, comparé à celui utilisé sur le récent Superman Returns de Bryan Singer (2006). A compter des frères Fleischer, le logo Superman devient non seulement un incontournable pour tous les amateurs de comics, mais plus largement pour le grand public qui l’identifie immédiatement au personnage.
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Emblème & Inspirations
Cette version du logo et le design général de la série eurent une influence déterminante pour de nombreux artistes dont Alex Ross, Hayao Miyazaki (Princess Mononoke), Osamu Tezuka (Astro Boy), ou encore les séries animées des années 90 consacrées à Batman et Superman. Idem pour la série Lois & Clark (1993) dans laquelle l’emblème est là-aussi exagérément grand, comparé à celui utilisé sur le récent Superman Returns de Bryan Singer (2006). A compter des frères Fleischer, le logo Superman devient non seulement un incontournable pour tous les amateurs de comics, mais plus largement pour le grand public qui l’identifie immédiatement au personnage.
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Si les couleurs originales (rouge et jaune) sont préservées au détriment du noir, la forme pentagonale devient la nouvelle norme, et ce même si le design et la typographie du S devaient connaître moult itérations.
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Devenu une Marque Déposée en 1944, l’emblème de Superman répond à des codes graphiques précis. Nonobstant les nombreux artistes de passage sur les deux séries régulières dédiées au personnage (Action Comics, Superman) en propose diverses variations. De manière générale la forme pentagonale, plus ou moins large, est sertie d’une bande rouge, le jaune venant remplir les zones négatives à l’intérieur même du logo, derrière le S. C’est donc sur la représentation de celui-ci que les artistes firent vagabonder leur créativité. A partir d’une typographie en serif, l’empattement, les courbes, les déformations et la disposition dans le pentagone pouvait être différente en fonction de l’auteur. Précisons que la version de 1960 opte pour une forme hexagonale, une exception intéressante, même si elle ne change pas fondamentalement le rendu général.
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L'homme volant
En 1978, Richard Donner réalise Superman avec Christopher Reeve dans le rôle-titre. L’emblème utilisé est inspiré de la version télévisée qui mettait en scène George Reeves dans les années 50, et qui contribua à la notoriété planétaire du personnage. Le S, dont les extrémités se terminent par une boule d’un côté et une sorte de triangle de l’autre, est totalement intégré aux pourtours rouge, rendant sa lecture moins évidente. Reste qu’il s’impose aussitôt comme « l’aspect officiel » tel qu’il est le plus couramment présenté depuis. A cela s’ajoute une nouvelle signification du S qui n’est plus l’initiale de Superman, mais le blason de sa famille sur Krypton.
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The Man of Steel
En 1986, John Byrne écrit et dessine la mini-série The Man of Steel avec pour ambition de redéfinir les origines du personnage. Tout en modifiant légèrement le design du logo tel que vu dans les films, il est présenté comme une création de Jonathan Kent, père adoptif de Clark, et revient à l’explication du S pour Superman. Plus tard, il s’avère que c’est aussi le symbole kryptonien pour Espoir.
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En 2004, Mark Waid explique dans sa mini-série Superman Birthright que le S est simplement l’emblème de la planète Krypton, tandis que la série Smallville (2001) explose la mythologie du S pour en faire le symbole de l’infini et non une lettre ! Pour autant la saison 6 rattrape la continuité classique, Clark découvrant un cristal sur lequel il peut voir le fameux S dans un design proche de celui du film Superman Returns où le S est très déformé, au point de lui donner un aspect presque inhumain par manque de lisibilité. A noter que le S est à nouveau ici le blason de la famille de Kal-El.
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Enfin terminons ce tour d’horizon avec le magistral Kingdom Come d’Alex Ross et Mark Waid (1996) dans lequel Superman et consort sont des héros vieillissants. Alex Ross en profite pour modifier le logo de l’homme d’acier, abandonnant les couleurs familières pour un retour au design des frères Fleischer, soit un S rouge sur fond noir. Mais son design est intégralement repensé puisque le S est littéralement fondu avec la bordure rouge du pentagone. Au final il ne reste qu’une large bande rouge transversale, les autres parties de la lettre étant des côtés de l’emblème.
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Fêtant cette année son 72ème anniversaire, le logo de Superman est aussi réputé que le personnage qu’il symbolise. Régulièrement brocardé, imité, détourné ou simplement adapté, il est l’incarnation de la puissance et de la force. Aujourd’hui Superman et son logo fonctionnent comme deux entités distinctes : si la majorité d’entre nous connaissent le personnage, souvent grâce au cinéma, nul n’ignore ce que signifie le célèbre S que l’on retrouve sur la plupart des produits dérivés, l’image de Superman étant devenue obsolète dans ce domaine. A ce jour, aucun héros de comics ne peut prétendre à une telle identification, à l’exception de Batman, (sur lequel nous reviendrons prochainement), et encore moins de logos à la surface du globe jouissent d’une telle reconnaissance. N’est pas le S de Superman qui veut !
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En 1933, Jerry Siegel et Joe Shuster créent le fanzine Science Fiction dans lequel ils publient la courte bande-dessinée The Reign of the Super-Man, où un savant fou possède un pouvoir télépathique qu’il espère utiliser pour contrôler le monde. En 1934, Siegel et Shuster conservent le nom, mais redéfinissent entièrement le profil du personnage qui se mute en un héros. Devenu « Superman », ils développent un univers riche et une mythologie détaillée. C’est ainsi qu’apparaît la ville qui sert de théâtre à l’action, nommée Metropolis en hommage au film éponyme de Frizt Lang ; les origines Kryptoniennes ; les noms Lois Lane, Kal-L – devenu avec le temps Kal-El – et Clark Kent, clin d’œil aux comédiens Clark Gable et Kent Taylor ; le costume rouge, jaune et bleu ; et surtout le « S » ornant sa poitrine. Ce symbole favorisa l’instauration d’un paradigme devenu emblématique dans le monde des super-héros, de nombreux personnages arborant par la suite leur cocarde sur leur poitrail (Batman, Spider-Man, Fantastic Four, Green Lantern, Flash, Punisher).
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Bonus Stage
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Pour aller plus loin : Plan 9
Superman : Quand Kent s’appelait Reeve - Part 3/5
Superman kryptonise la télévision - Part 4/5
Superman, un super-héros animé - Part 5/5
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4 commentaires:
il ne s'agit pas d'un pentagone mais d'un hexagone...
dans la version de 1960...
Oui c'est exact, j'aurais pu le préciser dans le texte ;)
Précision ajoutée dans le texte chez Anonyme !
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