mercredi 10 mars 2010

Google cherche et trouve !

Si nous sommes plus de 18 millions d’internautes à utiliser les services de Google quotidiennement, nous sommes peu nombreux à connaître la petite histoire artistique qui entoure le logo principal et ses innombrables dérivés surnommés Doodle. Nous avons donc recherché à percer le secret des logos du plus célèbre des moteurs de recherche.
.
En 1996, Larry Page et Sergey Brin travaillent à leur projet de fin d’étude visant à mettre au point un moteur de recherche capable d’analyser les relations entre les sites Internet afin de donner de meilleurs résultats que les moteurs déjà disponibles. Dans un premier temps baptisé « BackRub », ils renomment leur projet « Google » en référence au mot « Googol » qui correspond au chiffre 1 suivi de 100 zéros : « Nous avons choisi ce terme afin de symboliser l’idée que notre moteur pouvait organiser un volume très dense d’information. ». Le nom de domaine « google.com » est déposé en septembre 1997, tandis que la société est officiellement fondée un an plus tard.
.
Naissance d’un logo
En 1998, Sergey Brin décide de se lancer à la conquête du logiciel Gimp afin de créer un logo pour Google. Après une journée de tâtonnements et d’esquisses, il parvient à mettre en place un logotype qui reprend à son compte la construction du logo Yahoo!, et plus particulièrement le point d’exclamation qu’il associe au mot Google. Mais Larry Page n’est pas convaincu, ce qui est aussi le cas de Brin, et tous deux décident de se tourner vers Ruth Kedar, une graphiste qu’ils connaissent depuis l’université où elle occupait un poste d’assistante. Sa mission consiste à repenser ce logo afin qu’il incarne au mieux les vertus du moteur de recherche.
.
.
Diverses versions verront le jour en peu de temps avant d’aboutir à celle que nous connaissons : « Dès le début, Larry et Sergey souhaitaient obtenir un vrai logotype plutôt qu’un simple logo, explique Ruth Kedar. C’est pourquoi la première version cherchait à préserver avant tout la lisibilité. J’ai juste ajouté un peu de couleur au niveau des deux O, ce qui donnait un aspect un peu asiatique. »
.
Histoire d'O
Plutôt que de manipuler les O afin de créer quelque chose de plus aéré, la deuxième version de Ruth Kedar ne s’attache qu’à une seule et même lettre qui introduit l’idée de dimensions multiples. Ainsi seul le second O est travaillé et réuni plusieurs O afin de symboliser le principe de la recherche étendue, le design étant complété d’une croix pour assurer de la précision du moteur.
.
.
Pour l’heure la couleur reste discrète et anecdotique : « La troisième proposition pourrait se résumer par « Google aux jeux olympiques », poursuit Kedar. J’ai conservé la croix pour la précision du moteur, mais les deux O sont désormais entrelacés et colorés. C’était fun, inédit et rafraîchissant, tout à fait dans l’esprit de ce que nous cherchions à obtenir à l’époque ! »
.
Googlisation
L’étape suivante ajoute de nouveaux éléments dont des lettres de différentes tailles et couleurs – signe de la variété et de la globalité du moteur – et un second O faisant office de loupe mettant en avant la bordure du premier O, lui-même traversé d’une croix : « Larry et Sergey aiment l’idée de la loupe et de la croix, mais indépendamment l’une de l’autre ! Du coup la cinquième version voit disparaître la croix au profit d’un petit sourire dans la loupe pour montrer le plaisir que l’on éprouve grâce au moteur Google. Au début et à la fin, les lettres sont de la même couleur, tandis que toutes les autres sont de couleurs, de formes et de tailles différentes. »
.
.
Finalement la sixième version revient à quelque chose de proche du design originel de Sergey Brin. Des lettres claires, lisibles et colorées, le tout profitant d’un subtil effet d’ombrage et d’un léger relief.
.
Unité Googlique
« C’est à compter de la septième itération que nous avons commencé à simplifier les choses, souligne Kedar. L’idée était la suivante. Pouvions-nous créer un logotype qui ait du sens sans pour autant y inclure des éléments ou des objets identifiables qui pourraient devenir pesants ou paraître dépassés avec le temps ? » En supprimant la loupe et tout éléments propres au principe de recherche, Kedar induit l’idée que Google peut être bien plus qu’un simple moteur. En jouant avec les angles, l’organisation et les couleurs des lettres, elle cherche à démontrer que Google n’est pas une corporation repliée sur elle-même et ses certitudes : « Nous avons testé des dizaines de couleurs et de combinaisons, ajoute Kedar. Au final nous avons choisi de rester sur les trois couleurs primaires auxquelles nous avons ajouté une couleur secondaire – le vert – sur la lettre L. Cela permet d’indiquer que Google ne suit pas les règles. » 
.
.
Frontière de l'infini
Le logo final (8) présente quatre couleurs pour une composition claire et immédiatement accessible partout dans le monde, reposant sur l’utilisation de la police de caractère Catull : « Catull emprunte des éléments aux instruments d’écriture traditionnels avec une torsion moderne, développe Kedar. La recherche, par nature, est une activité qui exige que nous examinions le passé. Aussi les liens historiques de la police Catull nous ont semblé appropriés, tout comme le rapprochement entre le vieux monde analogue et la nouvelle ère digitale. »                   
.
Google Doodles
En 1999, Larry Page et Sergey Brin doivent se rendre au festival Burning Man. Pour informer leurs utilisateurs de leur absence en cas de problème technique, ils mettent en place un logotype de remplacement qui intègre une silhouette en flamme dans le logo qui est encore celui créé par Brin avec le point d’exclamation.
.
.
Fort d’un excellent retour de la part des internautes, Google fait appel à des studios indépendants afin de créer de nouveaux logos évènementiels, avant d’en confier l’élaboration à Dennis Hwang, un jeune webmaster travaillant pour l’entreprise depuis sa création. Très vite ces « logos bis » sont baptisés Doodle (griffonnage en anglais), car ils sont entièrement dessinés à la main sur une palette graphique. Le fait de favoriser une méthode manuelle offre aux Doodles un aspect très particulier, plus personnel et artistique.
.
Logos évènementiels
La première création de Hwang remonte à la Fête Nationale française en 2000. Les réactions furent tellement enthousiastes, qu’il est depuis en charge de la totalité des Doodles, devenus une véritable marque de fabrique venant accompagner, annoncer ou mettre en avant un évènement précis (Noël, St Valentin, Jeux Olympiques, Nouvel An, Poisson d’Avril). Parmi les plus réussis, nous retrouvons tous ceux dédiés à des artistes, des scientifiques et autres personnalités – tels Albert Einstein, Leonard de Vinci, Mozart, Van Gogh – ou plus récemment celui visant à célébrer les 50 ans de la marque Lego, le logo Google étant uniquement constitué de petites briques !
.
Tous les Dooldes du monde
Néanmoins il convient de préciser que la plupart des Doodles ne sont accessibles que dans les pays concernés par l’évènement mis en avant. Ainsi la Fête Nationale Américaine donne lieu à un logo particulier, visible uniquement depuis le territoire américain. Reste que tous les Doodles sont l’œuvre de Dennis Hwang, quelque soit la destination géographique finale, les internautes étant une force de proposition et faisant preuve d’une imagination débordante comme en témoigne la centaine de mails quotidiens que reçoit Hwang.  
.
En seulement dix ans, Google et son logotype sont entrés dans notre patrimoine visuel au même titre que Coca-Cola, Nike ou encore Microsoft. Outre un logotype historique aussi simple qu’efficace, car intemporel et facilement adaptable, les Doodles participent pleinement à la légende jusqu’à devenir l’objet d’un véritable attachement pour les internautes, toujours curieux de découvrir la dernière composition de Dennis Hwang.
.
.
Vous voulez en savoir plus ?
Pour découvrir tous les Doodles de Google, cliquez ici ou
.
Bonus Stage
.